Carnet de route

La colonie fourmilière au Tabor

Le 08/02/2026 par Simon Valère

La colonie quitta la fourmilière de Saint-Honoré 1500. Douze fourmis exactement, dont quatre fourmis encadrantes d’élite. À leur tête, Philippe, chef d’expédition, garant du nombre, de la trace… et du calme quand des antennes les plus énergiques s’agitaient un peu trop.

La montée vers le Banc, sous le sommet du Tabor, se fit avec la régularité d’une civilisation sage et organisée. Et au-dessus de 2000 mètres, révélation collective : la neige était tant généreuse que soyeuse.

Après une première descente fluide et joyeuse dans la combe Est, la colonie remonta à la même antécime, puis adopta une tactique ancestrale : la division volontaire. Deux groupes se formèrent :
– 4 fourmis curieuses, audacieuses, et vaguement tentées par « juste un autre couloir »,
– 8 fourmis solides, convaincues que le sommet ne pouvait pas leur résister plus longtemps.

Le groupe de huit poursuivait son ascension vers le sommet du Tabor, pour voir, ce qu'il y a à voir là haut, bien sûr. Une fois descendus, la conclusion, partagée d’antennes en antennes fut dithyrambique :
« Tu le croiras ou non, nous sommes descendus comme des champions. »

Pendant ce temps, le groupe de quatre repartit, sondant, observant, évaluant… avant de conclure, avec une sagesse toute fourmiesque, que la meilleure option restait finalement celle déjà testée. Résultat : une deuxième descente dans la combe Est, parce que la prudence, c’est bien, mais quand la neige est bonne, c’est encore mieux.

Les quatre poursuivèrent jusqu'au sommet. Objectif clair et non négociable : initier une fourmi novice, qui n’avait encore jamais mis une antenne au sommet du Tabor. La mission prit alors une dimension noble et solennelle : la transmission..

Et au sommet du Tabor, à 2389 mètres, que découvre-t-on ?
Un panneau ? Non.
Un simple repère ? Toujours pas.
Mais une égérie, un symbole quasi mystique, trônant là, immobile, dédiée sans le moindre doute à la Reine des fourmis. Un lieu sacré où même les plus aguerries ralentissent, se taisent, certaines même y prieraient.

Pour la descente finale, les 3 fourmis les plus sages appliquèrent une loi fondamentale de la colonie : les meilleurs couloirs se partagent. La jeune fourmi novice, ravie, découvrit ainsi plusieurs itinéraires sur une seule montagne, glissant d’un versant à l’autre avec le sourire de celle qui vient de comprendre pourquoi on revient sans cesse au Tabor.







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