Carnet de route
17 CAFards amateurs de gorges profondes... Verdonesques !
Le 21/05/2026 par Alice Martin
C'est par une arrivée échelonnée entre mercredi et jeudi après-midi que la troupe de 17 cafistes(ards) rejoint la Palud sur Verdon pour ce séjour multi-activités de 4 jours, à l'assaut des terribles voies et canyons des gorges. Les plus dispo profitent d'une arrivée précoce le mercredi, pour s'échauffer en rando (Jérôme et Patricia), canoé sur le lac de Sainte Croix (Coralie et Laura), ou encore par une installation de caravane express chez les Fradin, et une arrivée en vélo pour Alice.
Au programme du premier jour, de la grimpe pour tout le monde. Aïe, pour la reprise post saison de ski, vous avez dit grimpe dans ces redoutables gorges ?? Heureusement, pendant que la terrible cordée François-Thomas affronte déjà des voies conti plein gaz dans le 6, nos chefs Damien et Coralie, armés du dernier topo, nous trouvent 2 top voies pour une reprise en douceur. C'est parti pour du 5b max bien équipé dans Happy Hippy pour les sœurs Balme, Léo et Alice et dans l'Arête du Pas de la Chèvre, pour le reste de la famille Fradin, accompagnés de Jérôme et Damien. Enfin, il y a la cordée de l'entre-deux, les lève (presque) tard Sylvain et Thibault qui s'arrêtent à l'entrée des gorges, à Moustiers, pour la voie "Imaginarium": car pourquoi pas reprendre la grande voie par une traversée en 5c plein gaz? Toutes les cordées déroulent, dans un timing parfait pour éviter la série d'averses qui déboule dans l'après-midi. De retour au camping, face au froid, au vent et à la pluie, on rêve d'entamer l'apéro par un vin chaud, mais on se contente du délicieux petit chauffage du auvent des Fradin, définitivement élu camp de base pour ces 4 jours de grande fraîcheur. Entre deux bières et cacahuètes, on accueille les 2 dernières arrivantes, Suze et la valeureuse cycliste Prisca frigorifiée par la pluie, qui ne rêve que d'une douche chaude bien méritée. Alors que les cordées se content les récits de leur grimpes - on apprend qu'il faudra plus que des conditions hivernales sur l'arête de la Chèvre pour décourager un seul des jeune Fradin, et que dans Happy Hippy, la descente raide en éboulis et la désescalade de fin se méritent - les plus énervés repartent pour un footing.
Multi-activités, on vous avez dit ! Le lendemain, au programme le canyon d'Angouir. Mais... on a beau être matheysin, quand on émerge le matin des tentes sous 3/4 °C, on se demande comment on va bien supporter un canyon ! Une marche d'approche d'1h30 bucolique commence à nous réchauffer: Le gros de la troupe y va tranquillement, alors que la plus étourdie accompagnée du vaillant Sylvain refait un A/R au camping pour un casque oublié, et rattrape le retard par une approche au pas de course. Il paraît qu'il fallait entraîner Sylvain au kilomètre vertical ! Finalement, même pas l'opportunité d'avoir froid dans la première partie bien sèche, et alors que le rythme dépote grâce à nos 4 super équipeurs qui regorgent d'efficacité pour mettre en place des doubles rappels. Jérôme nous rappelle quand même de prendre le temps et de bien lever la tête, pour profiter de ces paysages grandioses qui font le canyon. Face au retour de quelques averses, on s'inquiète un peu pour les mono-maniaques de la grimpe, j'ai nommé la terrible cordée François-Thomas, qui accompagnés de Suze grimpent Sucepé à l'Escalés. Mais non, ils passent miraculeusement entre les gouttes, restent en sécurité en observant un secours à l'hélico dans une voie voisine, et enchaînent même avec une seconde voie cotée 7a, Jeune et Vrillé. Parce qu'on en a jamais assez... on finit la journée par une balade sur le sentier Blanc-Martel au niveau du couloir Samson: l'occasion pour les néophytes du lieu de découvrir les fameuses falaises plein gaz qui bordent les gorges, sous les explications de l'habitué François, qui se mue en guide grimpo-touristique.
Nouvelle journée de grimpe pour le samedi: le groupe se dissémine entre deux classiques, la voie de l'Herbetto dans le 4, et l'Offre et ses quelques longueurs de 6a. Mais qui dit classiques et week-end de l'ascension, dit... embouteillages. Dans l'Offre, on se partage les relais avec 3 autres cordées, qui se révèlent être nos voisins de camping, de sympathiques jeunes du groupe FFCAM Isère, et des grimpeurs du CAF de Tende. Pendant les 45min/1h d'attente à chaque relais, on papote, on refait le monde, on supporte tant bien que mal les blagues pourries de François, en essayant d'apprendre la patience. Entre 2 bouchons, nos deux cordées de 3 en flèche redoublent d'efficacité. 2 solides leaders, François et Coralie qui se baladent même dans le terrible 6a patiné Verdonesque, du réversible "amélioré" pour mettre tout le monde en tête sur les longueurs plus faciles, et pour les plus fatigués la méthode "tire-clou/pose-pied spit" dans le crux 6a en dièdre.C'est le jeune Léo - qui fait ses premiers pas de renfougne tout en perdant inopinément un alpin'up parental mal-commode - qui résumera parfaitement ce crux: "j'ai jamais été aussi content d'utiliser la chasse d'eau!" Pendant ce temps, à l'Herbetto, "ça rame le cake" nous conte Damien et sa troupe coincée dans les embouteillages, qui patiente 1h45 au pied de la voie. Qu'à cela ne tienne, le groupe se lance dans une épique épopée en corde tendue pour doubler tous les débutants, et s'échapper par une traversée sanglier comme on les aime. Mais ce Verdon regorge de possibilités, et notre deuxième groupe finit d'assouvir ses désirs de grimpe dans le secteur de couenne du Belvédère de la Carelle: une ambiance unique, avec descente en moulinette plein gaz dans la falaise, et remontée par des voies en 5 sup. Après cette longue journée dans les embouteillages et un retour à 19h30 au camping, on peut compter sur les pizzaioles de la Palud pour accélérer le dîner, et calmer les estomacs affamés ! Grimpe, Canyon, Grimpe, Canyon... On ne s'en lasse pas.
Le dernier jour, tandis que le gros de la troupe enchaine rappels, passages spéléo, tyroliennes, via cordata délicieusement vertigineuse dans le magnifique canyon sec de Mainmorte, la cordée François-Alice-Prisca grimpe successivement dulfer, dièdres, cheminées, dalles à goutelettes dans la belle voie des Dalles, cette fois loin de la foule. Du multi-activités, varié et pour tous les goûts, donc. Les 2 groupes finissent quasi en même temps à juste 13h: oui, les maîtres-mots du CAF de la Mure, c'est efficacité et timing parfait. Et bien sûr, Bonne ambiance, Bonne Humeur, et Bières... Et puisque aussi chez nous, tout est bien qui finit bien, on aura même pas réussi à laisser la famille Fradin et leur kangoo capricieuse en rade au camping de la Palud! Merci aux organisateurs et aux super encadrants grimpe/canyon: Coralie, Laura, Damien, Jérôme, François, et à tous les participants: Suze, Prisca, la famille Fradin, Patricia, Sylvain, Thibault, Thomas et Alice.





